Le Littoral atlantique marocain regorge d’importants gisements pétroliers

par Mohamed Jaouad EL KANABI – 20/04/2022

Le littoral atlantique marocain au large d’Agadir regorge d’importantes réserves de ce précieux or noir qu’est le pétrole. Dernièrement, le 13 avril 2022, la société britannique d’exploration de pétrole et de gaz, Europa Oil & Gas, qui jouit du permis offshore d’Inezgane situé au large d’Agadir annonçait qu’elle avait identifié un volume important de ressources récupérables sans risque, dépassant 1 milliard de barils (équivalent pétrole), dans les cinq principaux prospects classés uniquement.

L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) confirmait et ajoutait que plusieurs autres étaient même estimés à 2 milliards de barils. Europa Oil & Gas a publié ses résultats intermédiaires du processus d’exploration pour la période de six mois se terminant le 31 janvier 2022. Lesquels indiquaient qu’Inezgane représente une opportunité d’exploration à fort impact dans cette région du monde. Ce potentiel d’un milliard de barils découvert au Maroc au large d’Agadir sous la licence de forage, appelée Inezgane Offshore, avait été accordée en septembre 2019 et le forage a officiellement commencé en août dernier.

Sur ce champ, ajoute le document, qui couvre une superficie de 11 228 kilomètres carrés, la société détient 75 % de l’exploitation, et le reste est en possession de l’ONHYM (25 %). Europa Oil & Gas ajoute que l’évaluation récente révèle un « volume important de valeurs récupérables sans risque de 1 milliard de barils de combustible ». Le Maroc n’a pas encore commenté officiellement l’annonce de la société britannique qui, sur son site web, situe l’exploration à une profondeur de 600 à 2 000 kilomètres dans le bassin d’Agadir. La semaine dernière, Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, devant la Chambre des représentants a donné un aperçu des activités d’exploration du pays et avait déclaré qu’entre 2000 et 2022, le Maroc avait foré 67 puits, dont 40 se sont révélés positifs pour le pétrole ou le gaz.

Sept de ces 67 puits ont été forés dans les eaux situées au large des côtes entre Agadir et Tarfaya, dont trois en eau peu profonde et quatre en eau profonde. Cinq d’entre eux (deux dans la zone de Tarfaya et Ifni, près des îles Canaries) se sont avérés contenir du pétrole ou des traces de pétrole. La découverte de ce trésor d’or noir sous la mer, on l’imagine fait des envieux et d’aucuns avancent même que le milliard de barils de pétrole brut de l’offshore d’Inezgane représenterait l’équivalent du PIB marocain (112,9 milliards de dollars en 2020, selon la Banque Mondiale).

Par ailleurs, dans la région de Tarfaya, la société italienne ENI a exploré 23 900 kilomètres carrés de nos eaux jusqu’à 1 000 mètres de profondeur, autorisée en cela depuis 2017 (Relayée par Qatar Petroleum en 2019), par l’ONHYM à proximité des villes de Sidi Ifni, Tan Tan et Tarfaya. La prospection de sept puits en mer a été réalisée au cours de ces deux décennies, dont trois en eaux peu profondes. Sur ces trois, deux ont révélé la présence de pétrole, dont un pétrole lourd près de Tarfaya et un autre pétrole léger près d’Ifni, dont les côtes sont proches des îles de Lanzarote et de Fuerteventura de l’archipel des Canaries.

Ce constat ajouté à celui de la société britannique Europa Oil & Gas dans la région d’Agadir et de Hunt Oil (Chariot Oil & Gas) qui se chargera du forage d’un puits à Mogador fait jaser dans les îles voisines sous prétexte que les eaux territoriales avec l’Espagne n’ont pas encore été négociées. Europa Oil & Gas fore les eaux marocaines depuis que le gouvernement marocain lui a accordé l’autorisation de le faire fin 2019 et avec une licence pour explorer ce bassin pendant 25 ans et une participation de 75 %.

En ce sens, le président des îles Canaries, Angel Victor Torres, a assuré ce mercredi que le Maroc a commencé la prospection pétrolière dans les eaux relevant de sa juridiction qui n’affectent pas celles de l’archipel canarien. « Le gouvernement des îles Canaries rejette catégoriquement toute prospection pétrolière dans les eaux canariennes. Ces enquêtes et études dont nous avons pris connaissance ont été autorisées par le Maroc il y a des mois ou des années », a-t-il déclaré aux médias. Torres a insisté sur le fait que « ces travaux ne sont pas effectué dans les eaux canariennes et a appelé au respect de la légalité internationale et à l’existence d’une « sécurité environnementale absolue ».

Mais si cela peut rassurer le gouvernement des îles Canaries, le Maroc n’a pas que ces prospects offshore en vue. En effet, le Royaume regorge d’autres gisements potentiels d’hydrocarbures. A titre de rappel, dans un exposé, mercredi dernier, devant la commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants, Amina Benkhadra, avait souligné que la société SDX Energy effectuera les travaux de forage de 13 puits dans les régions terrestres au sud de Lalla Mimouna, le Gharb occidental, Sebou et l’ouest de Moulay Bouchta, alors que Bell et Forpetro effectueront le forage de deux puits à Haha. Pour sa part, Predator gas prévoit le forage de 3 puits, alors que Sound Energy effectuera le forage de 5 puits à Anoual, Grand Tendrara et Sid L’Mokhtar, de même qu’elle a obtenu l’autorisation d’exploitation de Tendrara et la réalisation d’une petite station de gaz naturel liquéfié.

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