Bois de chauffe : les populations dans les montagnes à la peine

par Hajjar El Haïti – lematin.ma – 18/01/2023

C’est l’hiver et le bois de chauffe se porte bien. Les citadins souhaitant profiter d’un bon feu de cheminée n’ont pas de souci à se faire : l’offre est là. Cependant, dans les régions montagneuses où ce combustible est vital durant la saison froide, les populations ont souvent du mal à s’en procurer face à la forte demande et à des prix hors de portée pour de nombreuses familles.

L’ hiver s’est bien installé au Maroc. Cette semaine s’annonce très froide, pluvieuse et même neigeuse en haute altitude. Pour se tenir au chaud, beaucoup optent pour des appareils chauffants tels que les convecteurs électriques, les bains d’huile, les chauffages soufflants… La saison hivernale est aussi l’occasion pour plusieurs personnes d’allumer leurs cheminées. Ces dernières sont de plus en plus appréciées par les Marocains. «Les cheminées sont très prisées aujourd’hui avec développement des logements de haut standing. Leur côté décoratif séduit. Elles sont devenues un élément incontournable dans les salons des maisons contemporaines. Et même si la demande pour des cheminées électriques et en bioéthanol a augmenté ces dernières années, les classiques à bois restent les plus populaires», déclare au «Matin» Reda Filali, cheministe à Casablanca. «Le marché de bois se porte bien. Nous n’avons aucun problème d’approvisionnement et nous arrivons à répondre à la demande des clients. Même si ces dernières années, les hivers sont moins froids et moins longs qu’avant, nous enregistrons toujours une hausse des commandes de bois de chauffe pendant cette période durant laquelle les gens utilisent leur cheminée. Le reste de l’année, nous fournissons du bois uniquement aux fours, hammams, saunas…». Le cheministe précise aussi que plusieurs types de bois sont disponibles : le chêne, l’olivier, le hêtre… leur prix ne dépasse pas les 2,5 DH/kg. Cependant, le plus demandé est celui de l’eucalyptus qui coûte 1,80 DH.

Mais si l’on peut se passer de chauffage en ville les jours où le climat est plus clément, dans le milieu rural et surtout au niveau des régions montagneuses, le bois de feu est une ressource essentielle en hiver. D’après le département des Eaux et forêts, plus de 80% de la consommation annuelle de bois revient aux populations rurales. «Cette saison est particulièrement difficile pour les habitants des villages enclavés, surtout lorsqu’ils se retrouvent bloqués par les neiges. Des associations nationales organisent régulièrement des campagnes de solidarité en hiver et leur apportent des denrées alimentaires et vêtements chauds. Ceci les aide beaucoup, mais ce n’est pas suffisant pour se réchauffer. Leur principal souci durant cette période est de se procurer le bois de chauffage, indispensable pour faire face aux températures très basses pouvant atteindre les -10 °C», confie au «Matin», Mohamed Ait Benkoum, président de l’association Anegbi, dans la commune rurale d’Aït Bououlli, dans la province d’Azilal. Et d’ajouter que «le bois coûte trop cher pour cette population qui vit dans la précarité pour la majorité. En effet, le prix du bois de chauffage varie entre 1.000 et 1.200 DH la tonne, sans compter les frais de transport. Certains ménages se débrouillent pour acheter un stère de bois (entre 200 et 250 kg), qui coûte entre 200 et 300 DH. Cela leur permet de répondre à leurs besoins pendant une bonne partie de l’hiver. Malheureusement, peu de personnes arrivent à le faire».

L’acteur associatif explique, en outre, que l’approvisionnement en bois est une activité quotidienne à laquelle s’adonnent les femmes chaque matin durant cette période. Elles se réveillent très tôt et sortent dans un froid glacial pour le ramasser. Elles fournissent beaucoup d’efforts pour en trouver. «Notre quotidien est très dur pendant la saison froide. Chaque année, nous rencontrons beaucoup de difficultés pour trouver du bois de feu durant cette période. Les prix sont chers et la demande augmente beaucoup, ce qui nous oblige à sortir le ramasser nous-mêmes. Nous n’avons pas d’autres choix. Le bois de chauffage est vital actuellement. Nous en avons besoin pour chauffer nos foyers et assurer un minimum de confort pour nos enfants. Nous l’utilisons aussi pour cuisiner pour nos familles», témoigne Rahma, 31 ans, mère de famille à Aït-Bououlli.

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