Des terres fertiles menacées par l’urbanisation désordonnée des campagnes

LA PLUPART DES PRÉSIDENTS DES CONSEILS COMMUNAUX CONSIDÈRENT QUE LES PROCÉDURES ACTUELLES SONT COMPLEXES ET LONGUES. DANS CERTAINES ZONES, LES PÉRIMÈTRES IRRIGUÉS RISQUENT D’ÊTRE HAPPÉS PAR LES HABITATIONS. PARMI LES PROGRAMMES DÉVELOPPÉS PAR LE MINISTÈRE : L’ASSISTANCE ARCHITECTURALE ET TECHNIQUE. UN DÉBUT DE CONSENSUS S’EST DÉGAGÉ SUR LA NÉCESSITÉ D’ENGAGER DANS L’IMMÉDIAT DES RÉFORMES JURIDIQUES.

Le logement rural est actuellement une des priorités dans les politiques publiques. A ce titre, le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a organisé, mercredi 27 février dernier, à l’Université Mohammed VI de Ben Guérir, un séminaire sur le thème: «L’urbanisme et la construction dans le monde rural». Cette rencontre a réuni la direction général des collectivités locales, les membres des deux commissions parlementaires chargées des questions d’urbanisme et d’organisation territoriale, une centaine de présidents de conseil communaux, 29 directeurs d’agences urbaines et 16 inspecteurs régionaux. L’objectif était de dresser un état des lieux des procédures régissant l’urbanisme et la construction en milieu rural et de formuler des propositions en vue de tenir compte des mutations que connaissent les campagnes marocaines. Abdelghani Abouhani, professeur et inspecteur général de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du territoire, revient sur ce grand dossier.

Comment se présente la situation dans le monde rural ?
D’une manière très contrastée. Il présente des atouts et des potentialités considérables dont la diversité des milieux naturels, la richesse des ressources territoriales, paysagères, énergétiques, minières et patrimoniales…, mais aussi des faiblesses structurelles : pauvreté, analphabétisme, déficit en équipement de base, faible diversification des activités non agricoles, morcellement excessif de la propriété. Dans ce contexte, la pression sur l’utilisation du sol n’est pas partout la même. A ce niveau on distingue le rural proche des grandes villes, le rural situé le long de l’axe littoral Tanger-Agadir, les zones de montagnes et le rural des provinces présahariennes et sahariennes.
Il est important de rappeler que malgré l’urbanisation rapide que connaît notre pays, le monde rural continue à occuper une place centrale tant au niveau de l’économie qu’au niveau de l’organisation territoriale. Le poids de cet espace est encore considérable. Il représente près de 98% de la superficie du pays, près de 40% de la population, 85% des communes, 19% du PIB et emploie 43% des actifs du Maroc. Du point de vue de la sécurité alimentaire, le monde rural assure 72% des besoins du pays en céréales, 87% en lait et 100% en viandes, en fruits et légumes.

Quid de l’urbanisme en particulier ?
Malgré l’importance des ressources financières mobilisées, à travers le budget général de l’Etat, le Fond de développement rural et le Fond de solidarité de l’habitat (FSH), les résultats restent limités sur le terrain. Et c’est précisément dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement qu’on retrouve les déficits les plus importants. Il ressort des études d’évaluation menées que le monde rural se caractérise par un faible taux de couverture en documents d’urbanisme, l’absence de critères objectifs pour le choix des centres à doter par des plans de développement des agglomérations rurales (PDAR), le caractère sommaire des rapports d’analyse-diagnostic, l’absence d’une réelle concertation autour des options d’aménagement et la longue durée des phases d’études, d’instruction et d’approbation. Par ailleurs, on relève également un faible taux de mise en œuvre des prévisions des PDAR homologués. D’autant que le taux de réalisation des équipements prévus est très faible et les agglomérations se développent souvent en dehors des prévisions des documents de planification. Sur le plan de la gestion, les communes rurales éprouvent des difficultés considérables dans la gestion des autorisations de lotir et de construire et dans la mise en œuvre des procédures légales et réglementaires qui régissent le contrôle des constructions. La plupart des présidents des conseils communaux considèrent que les procédures actuelles sont complexes, longues et ne tiennent pas compte des spécificités du milieu rural. Comme on devait s’y attendre, ces dysfonctionnements ont conduit à un développement considérable des lotissements clandestins et des constructions spontanées en particulier dans les communes rurales proches des grands centres urbains. Ce qui contribue à dénaturer les paysages ruraux, à détériorer la qualité des terres à haute potentialité agricole et à créer des ceintures de misères à l’entrée des grandes villes.

Des modèles urbains non homogènes sont en train d’envahir les villages. Comment expliquer cette invasion ?
La qualité architecturale et paysagère dans nos agglomérations rurales est désormais liée à un mode de production architecturale qui reste caractérisée, d’une manière générale, par la prolifération de l’insalubrité et la dégradation des tissus anciens. L’insalubrité en milieu rural est souvent liée à l’un des trois types d’activités économiques suivants : des noyaux d’habitat insalubre liés à l’activité agricole (des zribas dans les fermes) ou agro-industrielle (zriba près des poulaillers, des usines de produits alimentaires…) ; des noyaux d’habitat insalubre liés à l’industrie: près des cimenteries, des zones industrielles, des zones d’activités économiques… ; des noyaux d’habitat insalubre lié à la pêche, le long du littoral.
Quoi qu’il en soit, l’espace rural subit de plus en plus d’agressions sous forme d’extensions non maîtrisées, parfois sur des terrains exposés à des risques majeurs, (inondations, glissements, éboulements) transformant littéralement le paysage et ses formes architecturales : des groupements de constructions étendus le long des voies de communications routières et ferroviaires, sans valeurs architecturales. Le nombre de centres ruraux ne cesse d’augmenter et la majorité d’entre eux manque de cachet identitaire. C’est une juxtaposition de construction de logements ou de lotissements l’un après l’autre. Le modèle urbain standard a envahi les campagnes où le manque d’encadrement architectural aggrave les transformations en cours, ce qui a engendré une perte progressive des spécificités architecturales régionales et locales et une uniformisation des paysages ruraux.

Quels sont les programmes que développe le ministère pour préserver la qualité architecturale ?
Parmi les programmes importants qui visent le monde rural, je dois citer l’assistance architecturale et technique aux propriétaires résidant en milieu rural ne disposant pas de ressources suffisantes leur permettant de bénéficier des prestations d’un architecte et d’un ingénieur, et s’engageant à procéder à l’auto-construction de leur logement principal. L’objectif est de veiller au respect de la qualité, de la sécurité et des spécificités architecturales régionales. Ce programme concerne la construction de logements ne dépassant pas 100 m² couverts, ou la modification de logement, dans toutes les zones rurales non couvertes par des documents d’urbanisme. Les agences urbaines ont établi des plans référentiels pour l’ensemble des régions du pays en tenant compte de leurs spécificités locales. Le financement de ce programme, dans sa première phase (2004-2006), a été assuré par le FSH à hauteur de 5 MDH par an. A partir de 2007, les crédits nécessaires à cette opération ont été directement intégrés aux budgets des agences urbaines. En principe, les services centraux du ministère procèdent à une évaluation trimestrielle des opérations. Depuis le lancement de l’opération en 2004, 24 agences urbaines ont adhéré à ce programme, 3 506 plans ont été délivrés contre 7121 demandes déposées. Par ailleurs, les agences urbaines ont également développé d’autres actions concernant le monde rural à savoir : l’élaboration de plans de référence ; la mise en place de schémas structurels pour les noyaux émergents ; la requalification architecturale et paysagère de certains centres ruraux; l’étude urbanistique et architecturale de lotissements ruraux. Je dois avouer que ce programme connaît des difficultés depuis un certain temps.

Quelles sont les aléas qui menacent le monde rural dans les années à venir ?
Il est toujours hasardeux de faire des prévisions. En prospective territoriale, les bonnes prévisions se fondent sur une bonne observation des tendances passées et présentes. Le grand danger actuellement, c’est qu’on a observé durant ces 20 dernières années, un double mouvement: d’un côté on a des régions rurales qui se dépeuplent et qui connaissent même un véritable processus de désertification. Ce sont les zones rurales bours arides ou semi arides où la population jeune émigre vers les grandes villes, et ne restent au village que les femmes, les enfants et les grands-parents. D’un autre côté, on a dans les périmètres irrigués et dans les zones de cultures intensives, un processus d’urbanisation intensif. Progressivement, ces zones sont devenues des bassins d’immigration. Du coup, les petits douars se densifient, deviennent des villes et ces dernières commencent à s’étendre sur les terres à haute potentialité agricoles. Pendant longtemps on parlait de ruralisation des villes, il faut aujourd’hui parler d’urbanisation des campagnes. C’est quelque chose qui est passé presque inaperçue et qui n’a pas été bien analysée par les géographes et les ruralistes. Les conséquences de cet exode vers les périmètres irrigués vont être dramatiques pour l’économie nationale.

La réglementation de la construction peut-elle contribuer à limiter ces dégâts ?
Ce qu’il faut d’abord, c’est intensifier les efforts de sensibilisation auprès des gestionnaires des territoires –autorités locales, députés et présidents de conseils communaux. La terre agricole est un bien rare et les zones irriguées sont encore plus rares puisqu’elles ne représentent que 2% des terres cultivables au Maroc. Cette rareté extrême doit conduire à une vigilance extrême. La terre agricole doit être un bien à conserver et à mettre en valeur non une opportunité pour la spéculation immobilière légale ou clandestine. Du coup, la pratique réglementaire doit s’adapter à la nature des territoires. Dans les périmètres irrigués, dans les zones sensibles autour des barrages, le long des fleuves et du littoral, la réglementation de la construction doit s’appliquer avec rigueur. Ailleurs, dans le rural profond, dans les zones impropres à l’agriculture, on peut admettre un assouplissement des procédures administratives. Mais partout, il faut intensifier les efforts de sensibilisation et d’accompagnement technique et administratif des ménages.

Quelles ont été les principales conclusions tirées de ce séminaire ?
Un début de consensus s’est dégagé entre les élus et les responsables administratifs dont les directeurs des agences urbaines et les présidents des commissions, sur la nécessité d’engager dans l’immédiat des réformes juridiques pour assouplir les procédures administratives et laisser des marges d’adaptation aux présidents des conseils communaux pour tenir compte des spécificités locales. C’est le grand acquis de cette rencontre qui a été organisée à dessein à la veille du lancement d’un vaste programme de réforme de l’ensemble des textes régissant l’urbanisme et l’aménagement du territoire.

Transport aérien domestique : la longue marche vers la rentabilité

AIR ARABIA A OUVERT DES BASES AÉRIENNES DANS LES VILLES DE FÈS, AGADIR, MARRAKECH, CASABLANCA, NADOR ET TANGER. LES RÉGIONS NOURRISSENT DE GRANDS ESPOIRS QUANT AU DÉVELOPPEMENT DU TOURISME GRÂCE À L’OUVERTURE DE NOUVELLES LIGNES. LES TAUX DE REMPLISSAGE SONT MEILLEURS SUR LES LONGUES DISTANCES.

En juin 2017, la filiale marocaine de la compagnie émiratie Air Arabia a ouvert sa première ligne domestique reliant Fès à Marrakech (une première). Un trajet que les touristes et les locaux réalisaient en train en 6h30. Aujourd’hui, cette ligne affiche, selon une source de la compagnie, un taux de remplissage satisfaisant, à parts égales entre Marocains et étrangers.

A l’instar d’Agadir, Marrakech, Casablanca, Nador et Tanger, Fès abrite une base aérienne d’Air Arabia; c’est-à-dire d’un vol quotidien (domestique ou extérieur) à partir de l’aéroport concerné et d’un équipage sur place. Des conventions ont été signées avec les différentes régions concernées, qui accordent des subventions à Air Arabia – et à Royal Air Maroc avant elle. «Le montant de la subvention baisse à mesure que le taux de remplissage augmente. A titre d’exemple, nous avons signé une convention avec RAM pour relier Errachidia à Casablanca 5 fois par semaine. La demande dépassait le nombre de sièges de moitié. Nous avons alors revu les termes du contrat pour monter à un vol quotidien et, par la même occasion, réduire la subvention», déclare Abdeladim Sadoq, directeur du Conseil provincial du tourisme (CPT) d’Errachidia.

La région Drâa-Tafilalet a signé une autre convention avec la compagnie low cost pour relier Fès à Errachidia dès novembre 2018 à 600 DH aller-retour. Le taux de remplissage est pour le moment faible, mais le CPT s’attelle à promouvoir cette ligne au Maroc et à l’étranger. «Nous réalisons des actions de promotion pour la ligne Errachidia-Fès au Maroc et à l’étranger à travers Air Arabia. J’espère que ces efforts porteront leurs fruits dès la saison estivale. Pour la population locale, nous avons mis en avant le coût du trajet en voiture, le risque pris et le temps passé en comparaison avec un vol domestique. L’économie réalisée grâce au vol est de 50% en comparaison avec un voyage en voiture», explique M. Sadoq qui espère relier également Errachidia à Marrakech pour puiser dans la clientèle du hub touristique.

La ligne Fès-Marrakech intégrée dans les circuits touristiques

Cependant, au niveau local, l’avion ne passe pas très bien parmi la population particulièrement lorsque la distance est réduite. A Fès, le vol vers Tanger ouvert par Air Arabia ne convainc pas grand monde. D’ailleurs, il est suspendu pour le moment, et ce, contrairement à celui reliant Fès à Agadir qui afficherait de bons taux de remplissage selon une source à Air Arabia. La distance entre Tanger et Fès est de 400 km. Le trajet dure un peu plus de 4h. «Sur des distances inférieures à 400 km, l’aérien ne convainc pas. Certains Marocains ont même la phobie de l’avion et préfèrent prendre la route, même pour des distances assez longues. Heureusement, des lignes comme Fès-Agadir qui dure 1h20 et Rabat-Agadir affichent des taux de remplissage satisfaisants. La différence de prix avec un billet d’autocar est parfois de 30 DH. Une grande majorité, voire la totalité des passagers sont marocains», déclare la même source.

Plusieurs agences de voyages utilisent aussi la ligne Fès-Marrakech dans les circuits touristiques qu’ils proposent. Zagora est, elle, reliée par Royal Air Maroc avec 3 vols vers Casablanca. Mais celle-ci risque d’être fermée (à l’instar de celle reliant chacune de Béni Mellal et Guelmim à Casablanca) à cause du retrait de la DGAC (direction générale de l’aviation civile) d’une autorisation d’assistance de handling dans ses aéroports, selon une source à la RAM.

Encore des réticences à prendre l’avion pour les voyages domestiques

Depuis fin 2018, la porte du désert est aussi reliée à Marrakech par Air Arabia à raison de 2 vols/semaine à un tarif de 600 DH aller-retour. Mais l’engouement n’est pas encore au rendez-vous. «Pour améliorer les taux de remplissage, nous sommes en train de concevoir des packages avec des professionnels du tourisme incluant la visite de Mhamid, des dunes de sable, des nuits dans les bivouacs, les visites des gravures rupestres…», confie Moulay Brahim Aziz, président du CPT de Zagora qui annonce un 4e vol de Casablanca à Zagora dès le 1er avril, malgré les restrictions que subit Royal Air Maroc.

Quant à Dakhla qui bénéficie déjà d’un vol quotidien vers Casablanca opéré par RAM, elle a suscité l’intérêt d’Air Arabia (vu la demande grandissante vers la destination). Daif Allah Ndour, délégué du tourisme de la région, se félicite de la consolidation de l’offre aérienne de la région. «Air Arabia nous a rejoints à point nommé pour accompagner l’émergence de la destination Dakhla. Le taux de remplissage est actuellement très encourageant pour les deux opérateurs. Ce qui augure d’un marché prometteur qui n’a pas encore atteint sa capacité limite», dit-il non sans fierté s’attendant à un bel avenir touristique pour Dakhla.

AGADIR : LE SECTEUR DE LA PÊCHE BIENTÔT DÉCORTIQUÉ PAR UNE MISSION DANOISE

Par Fayçal Ismaili – le360.ma – 20/03/2019

Port Agadir pêche© Copyright : DR

Initiée par le cabinet Andersen Consult avec l’Ambassade du Danemark à Rabat et Agadir Haliopôle Cluster, une mission commerciale danoise est attendue du 26 au 29 mars à Agadir. Dans son viseur ? Les opportunités du secteur de l’industrie de la pêche.

« Solutions danoises pour les industries de la pêche »: c’est sous ce signe qu’est placée la mission commerciale danoise prévue du 26 au 29 mars à Agadir. Une visite initiée par le cabinet Andersen Consult, en collaboration avec l’ambassade du Danemark à Rabat et Agadir Haliopôle Cluster, avec le soutien du Conseil danois du commerce. Le but étant d’explorer à la fois ce marché qualifié par les organisateurs de « prometteur pour les technologies de pêche danoises » et les opportunités d’exportation dans le secteur qui est, ni plus ni moins, que le troisième atout économique de la région. Concrètement, la délégation va effectuer des rencontres B2B, des visites au port d’Agadir et dans les usines de poisson, tout en réseautant au passage avec les entreprises et les agences publiques concernées, rapporte Aujourd’hui le Maroc dans son édition de ce 20 mars.

Mais pourquoi Agadir ? Car c’est tout bonnement la région productrice de 36% de la valeur ajoutée nationale et détentrice de 3,3% de part de marché mondial. Une zone qui compte 465 unités côtières, 216 navires hauturiers et 1.450 unités de pêche artisanale qui emploient 660.000 personnes pour un PIB régional de 6% et de 42% en national, souligne le journal qui, dans ses colonnes, met en avant l’implantation du Parc Haliopolis, premier parc d’activité du Maroc, exclusivement dédié à la valorisation des produits de la mer. Une série de données qui a ainsi tapé dans l’oeil de la mission commerciale danoise qui va, durant les trois jours de visites, procéder à des échanges avec les acteurs institutionnels dont les autorités locales, les représentants de la Chambre de commerce, d’industrie et de services, ainsi que les organisations professionnelles.

Première rencontre régionale sur le commerce à Agadir

par Abdellah Halimi – libe.ma – 22/03/2019

Première rencontre régionale sur le commerce à Agadir
Sous le thème : « Développement et mise à niveau du commerce intérieur, responsabilités de nous tous », la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la région Souss-Massa a organisé une rencontre sur le commerce, un événement qui constitue la première étape d’une série de rencontres qui seront organisées dans tout le Royaume.
Cette réunion, présidée par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, était une occasion d’élargir les débats sur les difficultés et les contraintes qui entravent le développement du secteur du commerce au niveau régional. Il s’agit donc d’enrichir les débats par des propositions opérationnelles dans le cadre de la stratégie nationale sur le commerce en cours d’élaboration par le gouvernement.
A cette occasion, le ministre a rappelé que  les recommandations et les propositions qui découleront de ces rencontres vont enrichir les discussions et les réflexions qui feront l’objet des deux prochaines rencontres nationales : le  Forum marocain du commerce, les 24 et 25 avril 2019 et les Assises de la fiscalité, les 3 et 4 mai prochain.
L’importance du secteur du commerce en tant que « levier majeur pour la création de l’emploi et la croissance économique » nécessite de mettre en place une démarche concertée public/privé et d’identifier les moyens nécessaires « pour assurer un développement équilibré pour toutes les formes du commerce », a ajouté le ministre.
Le secteur du commerce reste le plus structurant de la région Souss-Massa. En chiffres, la région contribue à hauteur de 6,5% dans la richesse nationale, 6,9% du PIB dans le commerce avec une valeur globale de 5,3 milliards de dirhams. Elle abrite environ 35.000 commerces de proximité, 13 grandes et moyennes surfaces et 180 souks hebdomadaires dont Souk El Had considéré comme le plus grand au niveau national avec une superficie de 11 ha, disposant de 3.500 points de vente et qui attire, surtout pendant les vacances, plus de 20.000 visiteurs par jour.
Au niveau national, le secteur du commerce occupe une place primordiale dans le développement économique du Maroc. Avec plus de 1,49 million de personnes exerçant ce métier, soit 13,8% de la population active du Royaume, le secteur est le deuxième employeur au niveau national et premier en milieu urbain avec plus de 1,16 million de personnes, soit 21,4% de la population active. Sa contribution au PIB national est de l’ordre de 8% avec une valeur de 84,3 milliards de dirhams en 2017.
Au Maroc, les citoyens restent très attachés au petit commerce de proximité connu pour la  facilité de paiement, carnet de crédit, horaires d’ouverture … Ce  secteur  représente plus de 80% en termes de points de vente au niveau national.
Le commerce occupe une place importante dans l’économie marocaine vu sa participation directe dans la création d’emplois et de richesses. Aujourd’hui, il connaît une forte concurrence des grandes et  moyennes  surfaces, le e-commerce… Or, il est temps que ce petit commerce se modernise pour faire face à la concurrence de la grande distribution et du commerce ambulant.
Conscient de l’importance du secteur du commerce dans l’économie nationale : création d’emplois et de richesse, le ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique organise, les 24 et 25 avril prochain à Marrakech, le  Forum marocain du commerce.
Cet événement constitue un carrefour de concertation, de débat et d’inclusion de l’ensemble des acteurs : consommateurs, professionnels, élus, Chambres de commerce, ministère, entre autres, afin d’« identifier les ingrédients essentiels du développement équilibré de toutes les formes de commerce et d’anticiper les mutations du secteur à travers l’accompagnement et la formation ».

AGADIR : APRÈS LES CROCODILES, LES IGUANES, LES TORTUES, VOICI LES ANACONDAS ET LES PYTHONS

Par Khalil Ibrahimi – le360.ma – 21/03/2019

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Les crocodiles d’Agadir vont bientôt accueillir de nouveaux reptiles. Le Crocoparc de la ville inaugurera samedi prochain “La grotte aux serpents”, qui abritera des anacondas et des pythons.

La famille des reptiles s’agrandit au Crocoparc d’Agadir. Après les crocodiles, les iguanes et les tortues géantes, des anacondas et des pythons font faire leur apparition dans le célèbre parc de la ville du Sud, nous apprend le quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia dans son édition de ce vendredi 22 mars.

Samedi prochain, “La grottes aux serpents” sera inaugurée et accueillera deux des plus grandes espèces de serpents vivant sur la planète. En effet, les anacondas et les pythons peuvent atteindre 5 à 6 mètres de long, et peser entre 130 et 200 kilogrammes, précise le média casablancais.

L’anaconda est un genre de serpents de la famille des Boidae. Une espèce semi-aquatique non venimeuse. Elle vit essentiellement dans les marécages et les fleuves des régions tropicales et subtropicales d’Amérique du Sud, ainsi que dans les marécages du sud de l’île de la Trinité. Elle aime la chaleur et l’humidité.

Pour sa part, le python réticulé est, comme l’anaconda, un serpent constricteur. Il se distingue par sa peau considérée comme l’une des robes les plus richement colorées chez les serpents. Il est globalement brun clair, avec des motifs complexes en forme de losange brun-sombre et ocre-jaune, plus ou moins réguliers, parfois tachetés de brun, le tout parsemés de reflets irisés.

C’est une espèce présente dans les forêts tropicales, les lisières de forêts et les prairies attenantes, souvent à proximité de l’eau. L’anaconda est d’ailleurs un excellent nageur. Il a aussi été observé en mer loin des côtes, ce qui expliquerait comment il a pu coloniser une série de petites îles et îlots. On peut le retrouver dans quasiment toute l’Asie du Sud-Est: Bengale, Bangladesh, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos, Viêt Nam, Malaisie, Brunei, Philippines et Indonésie.

UN 4E CARREFOUR MARKET À AGADIR

par Yassine Saber – Leseco.ma – 21/03/2019

Ils seront désormais quatre «Carrefour Market» dans la ville d’Agadir.

L’enseigne de la grande distribution «Label’Vie» ouvre, ce jeudi à Agadir, son 71e magasin supermarché au niveau national.

Etalé sur une superficie de 480 m², le magasin en question est sis au quartier Al Houda.

L’ouverture de ce Carrefour Market portera le nombre des hypers et supermarchés dans le Grand Agadir à 9.

La crise de l’eau s’installe au Maroc

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Par Fatim-Zahra TOHRY – leconomiste.com – 20/03/2019

    • Le Royaume se situe à un niveau compris entre 25% et 70%
    • Plusieurs pays arabes dans une zone critique
    • Croissance démographique, changements climatiques…

Le Maroc figure toujours parmi les pays qui font face à des stress hydriques de différents niveaux (voir carte). Il est question précisément du stress hydrique physique qui désigne le rapport entre la quantité totale d’eau douce prélevée annuellement par tous les grands secteurs (y compris les besoins environnementaux en eau) et la quantité totale de ressources renouvelables en eau douce.

Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique physique élevé, selon le rapport mondial des Nations Unies (1) sur la mise en valeur des ressources en eau 2019 «Ne laisser personne pour compte», publié par l’Unesco pour l’ONU-Eau.

Bien qu’au niveau mondial le stress hydrique ne se situe qu’à 11%, 31 pays (dont le Maroc) sont confrontés à un stress hydrique compris entre 25% (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70%. Dans 22 pays, le stress hydrique est de plus de 70%, ce qui veut dire que ces pays subissent un fort stress hydrique. Notons que l’expérience du captage de brouillards à Aït Baamrane est citée par les auteurs du rapport.

Au Maroc, l’accès aux services élémentaires d’eau en milieu urbain atteint 96%, contre seulement 65% dans les zones rurales du pays. Le World Resources Institute (WRI, Institut des ressources mondiales) qui s’appuie sur les données émanant du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà prédit une situation de stress hydrique pour le Maroc à long terme.

Les chercheurs du WRI avaient relevé la prédominance de trois secteurs les plus voraces en consommation d’eau: industriel, agricole et domestique. Pour faire face au problème de pénurie d’eau, le gouvernement a mis en place un programme d’urgence. Le plan national de l’eau, destiné à assurer la sécurité hydrique du Royaume, nécessitera plus de 200 milliards de DH à l’horizon 2030.

Plusieurs pays de la région Mena sont situés dans la zone rouge : cas de l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, la Libye, le Soudan… La région arabe est la plus touchée par le stress hydrique au monde. Les ressources renouvelables totales du monde en eau s’élèvent à une moyenne de 7.453 m3 par an et par habitant, tandis qu’elles sont seulement à 736 m3 par habitant et par an dans cette région, selon les dernières données disponibles d’Aquastat (le système mondial d’information sur l’eau de la FAO, développé par la Division des terres et des eaux).

La pénurie d’eau, par tête, s’intensifie, et continuera de l’être avec la croissance démographique et les changements climatiques, alerte la publication intitulée «Ne laisser personne pour compte». Ces tendances ont contribué à l’appauvrissement des nappes phréatiques, à la perte de terres arables pour la production agricole et au déplacement de personnes lorsque les ressources en eau étaient insuffisantes pour permettre la santé, le bien-être et les moyens de subsistance. Le défi de garantir l’accès aux services d’eau pour tous lors de pénuries d’eau est encore plus grand dans les situations de conflit, où les infrastructures de l’eau ont été endommagées, détruites et prises pour cible…

La situation mondiale n’est pas meilleure

Sous l’effet conjugué de la croissance démographique, du développement socio-économique et de l’évolution des modes de consommation, l’utilisation de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années 1980. La demande devrait continuer d’augmenter à un rythme similaire jusqu’en 2050 (soit 20% à 30% de plus que le niveau actuel d’utilisation). Et ce, principalement en raison de l’utilisation croissante de l’industrie et des ménages.

Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique élevé et environ 4 milliards de personnes font face à une grave pénurie d’eau au moins un mois par an. L’agriculture (y compris l’irrigation, l’élevage et l’aquaculture) est de loin le plus grand consommateur de ressources en eau. Elle est à l’origine de 69% des prélèvements annuels d’eau dans le monde, contre 19% pour l’industrie (y compris la production d’électricité) et 12% pour les ménages (Aquastat).

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(1) Le rapport a été présenté le 19 mars 2019 à Genève pendant la 40e session du Conseil des droits de l’homme, en amont de la Journée mondiale de l’eau (22 mars). Coordonné et publié par le Programme mondial d’évaluation des ressources en eau de l’Unesco, il est produit grâce à la contribution des 32 entités des Nations unies et des 41 partenaires internationaux qui constituent l’ONU-Eau.