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Startups : développer son business les pieds dans l’eau à Agadir, l’idée un peu folle de « Blue House »

Par Romain Lambic – usinenouvelle.com – 17 août 2015

The Blue House, une villégiature de startups où les jeunes entrepreneurs peuvent développer leur business et se détendre.

Travailler le jour, surfer sur les vagues de l’Atlantique le soir. Quel jeune pro n’a pas rêvé de ce style de vie pour développer efficacement son business ? Les startups, peu importe leur stade de développement et leur situation géographique, vont pouvoir le faire.

DU SURF ET DU YOGA APRÈS PLUSIEURS HEURES DE TRAVAIL

C’est le pari fou de The Blue House, (la maison bleue), une conception d’hôtel pour startup, situé à Taghazout, un ancien village de pêcheur près d’Agadir, qui était censé devenir un haut lieu touristique. Il accueillera les jeunes entrepreneurs du monde entier pour de courts séjours, mélangeant travail et loisirs.

Taghazout

C’est une jeune journaliste française, Aline Mayard, qui est à l’origine de cette aventure inédite. « The Blue House est un espace intellectuel qui permet la concentration et la réflexion. L’environnement, avec la mer juste à côté, permet d’être plus créatif et plus productif », nous explique la rédactrice de Wamda, un média spécialisé dans l’économie numérique du Moyen-Orient, basé à Beyrouth, au Liban.

Après de longues heures de dur labeur, les startupers pourront profiter de loisirs qui leur sont dédiés. Ils apprendront à surfer (sur l’océan, pas sur Internet), se détendre encore plus avec des cours de yoga et même de découvrir la gastronomie marocaine. Aline Mayard s’est lancée seule, à corps perdu, dans l’aventure il y a un an.

Son concept de maison pour startups se divise en trois programmes. Le programme « Residency » est le principal d’entre eux. Sur des périodes déterminées, plusieurs startups viendront occuper les lieux pour deux semaines. Le confort est le mot d’ordre de The Blue House, les jeunes entrepreneurs ne s’occupent de rien d’autre que de leur travail.

« La maison s’occupera de tout le reste : les trois repas sains, les tâches ménagères et l’organisation de rencontres avec des entrepreneurs », souligne Aline Mayard. Sans oublier les activités de détente.« Ils pourront même travailler sur la plage s’ils préfèrent ! »

Les autres programmes consisteront notamment à organiser des séjours professionnels (offsites) pour les entreprises ou des « retraites » de quelques jours pour des indépendants souhaitant à la fois faire un break et rencontrer des personnes ayant lancé leur startup.

Les expérimentations, qui se sont tenues en mars et en mai, ont connu des résultats plutôt concluants. Pas moins de six startups européennes ont répondu, en plus de quelques indépendants, à l’appel d’Aline Mayard. « Cette expérience m’a permis de couvrir de nombreux frais, notamment sur la création de l’entreprise, sur les coûts administratifs et l’achat d’équipement », précise-t-elle.

Sur le site Internet de The Blue House, des jeunes pros ayant pris part au programme sont tombés amoureux de ce concept.« Le rythme tranquille dans le village et l’atmosphère de la maison nous ont beaucoup relaxé, même si nous travaillions intensément durant notre séjour », explique notamment Maria Richardson, du Nordic Design Collective.

PREMIER PROGRAMME DE RÉSIDENCE PRÉVUE LE 26 SEPTEMBRE

Achille Pinson, jeune entrepreneur français à l’origine d’Everlearn, une technologie d’apprentissage adaptatif destiné aux étudiants, a participé à la première session test, au mois de mars. « Tout n’était pas encore rodé mais l’expérience fut positive, notamment grâce à la tranquillité et au charme de l’endroit », explique-t-il.

En se posant deux semaines à The Blue House, le startuper français a pu davantage réfléchir à des axes stratégiques de développement auxquels il n’avait pas le temps de penser au quotidien.

De son côté, Zach Bird, fondateur du site Internet de vente de boxers en ligne Birdbriefs.com, était présent pour la seconde session au mois de mai. « J’ai entendu parler du projet d’Aline sur le web. Je voulais voyager et développer mon réseau, The Blue House m’a semblé être un bon moyen. Finalement, j’ai vécu l’une des meilleures expériences que j’ai jamais eu », explique le startuper américain.

« Je me suis senti chanceux de pouvoir rebondir sur les idées des autres participants et d’entendre les expériences de chacun dans le démarrage de leur startup, » conclut-il.

Le premier programme devrait débuter le 26 septembre mais en attendant, Aline Mayard a lancé un crowdfunding sur lequel elle espère récolter entre 50 000 et 100 000 euros, ce qui lui permettrait de bâtir une équipe solide autour de son projet.

Ce budget lui permettra également d’acquérir un générateur électrique et de se doter d’une connexion Internet haut-débit fiable, des outils indispensables pour toute startup en développement.

Aline Mayard espère que son projet deviendra rentable assez vite. Selon elle, la maison devrait pouvoir accueillir jusqu’à huit startups à la fois (15 personnes), à raison de 600 euros par personne pour un programme de deux semaines (900 euros en chambre individuelle). Pendant un an, une session de résidence sera organisée par mois, le reste du temps sera consacré aux retraites et aux offsites.

Ce concept inédit saura-t-il séduire les startupers marocains et internationaux et permettre à The Blue House de surfer la vague… du succès ?

Taghazout, nouveau pôle touristique
Depuis quelques années, Taghazout connaît une profonde transformation. Le tranquille village de pêche est en train de devenir une station balnéaire de standing. Un projet porté de longue date dans le cadre du « Plan Azur » (qui a cumulé les retards). Le Maroc soutient cette mutation via la société d’économie mixte Société d’aménagement et de promotion de la station de Taghazout. D’ici à 5 ans, les autorités espèrent 12 376 lits supplémentaires, 300 000 touristes en plus, 1,5 million de nuitées et 20 000 emplois pour la station Taghazout Bay. Celle-ci devrait s’étendre à terme sur 615 hectares pour un investissement possible de 10 milliards de dirhams (1 000 dirhams = 92 euros). En attendant, le groupe international Hyatt vient d’y ouvrir en juin un 5 étoiles de 152 chambres.

Hydrocarbures OiLibya investit 800 millions de DH d’ici 2017

par Safall FALL – leconomiste.com – 24/08/2015

243 millions de DH déjà injectés dans le réseau en 2015
Le stockage et la production de lubrifiants seront aussi concernés
6,6 millions d’euros pour la montée en régime industriel
A quelques mois de l’ouverture des prix à la pompe sur le marché national, Libya Oil Maroc mise sur la densification et l’amélioration de son réseau pour rester dans la course aux parts de marché

A quelques mois de l’ouverture des prix à la pompe sur le marché national, Libya Oil Maroc mise sur la densification et l’amélioration de son réseau pour rester dans la course aux parts de marché

Libya Oil Maroc muscle ses activités en perspective de la libéralisation des prix du carburant. Le distributeur de carburants, sous l’enseigne Oi
Libya, compte investir une enveloppe exceptionnelle de 800 millions de DH sur la période 2015-2017 dans le renforcement de son positionnement sur le marché local. La plus grosse partie de ce budget ira aux plateformes technologiques d’accompagnement de la libéralisation des marchés des carburants, et l’aménagement d’un nouveau terminal pétrolier à Agadir, qui devrait renforcer celui déjà opérationnel de Jorf. L’extension du réseau de stations-service figure également parmi les chantiers prioritaires. «Nous sommes sur un rythme de 12 nouvelles stations par année et comptons y investir, rien qu’en 2015, plus de 243 millions de DH en rénovations et nouvelles ouvertures», explique Youssef El Hemmali, directeur général de Libya Oil Maroc.
Avec une part de marché de 9,5% en 2014, pour un chiffre d’affaires de quelque 6 milliards de DH, la distribution de carburants reste le gros du business de l’enseigne. Le management est d’autant plus convaincu qu’à l’ouverture des prix du marché, la bataille se fera sur la qualité de service et du produit. Un chantier sur lequel, il faut le reconnaître, le groupe est très attendu. L’enseigne se défend pourtant. «Nous avons investi 20 millions de DH dans notre laboratoire. C’est l’un des plus équipés sur le marché national», argumente Said Essaghir, directeur marketing.
Au total,  Libya Oil Maroc exploite 182 stations-service dont 2 nouvellement construites sur le réseau autoroutier. Il faut rappeler que depuis le rachat en 2009 de Mobil Maroc par Oi
Libya, marquant l’entrée de la marque sur le marché national, l’enseigne libyenne a très peu fait évoluer sa présence commerciale sur le marché national.  Par contre, elle maintient sa diversification opérationnelle en se consolidant sur divers segments d’activités. Sur celui de l’aviation par exemple, le pétrolier opère sur une dizaine de plateformes aéroportuaires à travers le Royaume (Tit Mellil, Tétouan, Tanger, Rabat, Oujda, Nador, Fès, Casablanca, Ben Slimane, Al Hoceïma). L’enseigne est aussi présente, à moindre mesure, sur le maritime et l’industrie. En 2014, le volume global de carburants écoulés, tous segments confondus, a atteint 725.000 m3.
Des changements sont aussi attendus en amont de la chaîne de distribution. Le groupe assure son approvisionnement en produits raffinés à 50-50 entre la Oil Libya Supplier, le fournisseur-maison, et la Samir. Les difficultés financières de cette dernière, et la suspension momentanée de ses activités qui en résulte, poussent le pétrolier libyen à se rabattre sur le stock constitué par le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). A termes, le raffineur marocain pourrait même ne plus figurer parmi les fournisseurs du pétrolier libyen. Le management du distributeur planche en effet déjà sur un approvisionnement entièrement étranger. D’où l’investissement dans une nouvelle plateforme de stockage à Agadir.
Dans le plan d’investissement du distributeur à l’horizon 2017, Libya Oil Maroc prévoit également une montée en régime sur le segment des lubrifiants. Il dispose en effet déjà d’une unité de production sur le site industriel de Roches Noires à Casablanca, très présente à l’export vers plusieurs marchés du continent. L’enseigne compte y investir près de 7 millions d’euros (environ 70 millions de DH) sur les quatre prochaines années dans l’acquisition de nouvelles machines et la mise à niveau de l’usine. En 2014, Oil Libya Maroc affichait un chiffre d’affaires de 80 millions de DH à l’export. Soit 4.000 tonnes de lubrifiants expédiées vers plusieurs marchés subsahariens dont le Mali et le Niger. «Nous nous projetons sur un volume plus important cette année», anticipe El Hemmali. Sur le marché local, ce sont quelque 9.000 tonnes de lubrifiants qui y ont été distribuées l’année dernière.

Qui contrôle quoi?

Libya Oil Holdings Limited (filiale pétrolière du groupe Libyan Africa Portfolio), auquel appartient à 100% la Libya Oil Maroc (capital social: 49,5 millions de DH), est présent dans la distribution de produits pétroliers, de gaz mais également dans la fabrication de lubrifiants et dans l’exploration pétrolière. Basé en Libye et contrôlé par les autorités du CNT, il compte 22 filiales dans le continent et huit usines de lubrifiants (Maroc, Tunisie, Egypte, Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Gabon, Kenya). Le groupe opère un réseau global de 1.020 stations-service, pour plus de 1.500 collaborateurs. Ses activités d’approvisionnement en kérosène sont présentes dans 54 aéroports auprès de 16 pays africains. Le volume de ventes tous produits confondus en 2014 est de 4,8 millions de m3. Le groupe pèse quelque 3 milliards d’euros en 2014.

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